Toute la terre fut tellement inondée par des pluies continuelles que durant trois ans on ne put
creuser de sillons capables de recevoir la semence. Au temps de la récolte, les mauvaises herbes
couvraient toute la campagne (…) Quand on eut mangé les bêtes sauvages et les oiseaux, on eut recours
pour échapper à la mort aux racines des arbres et aux herbes des ruisseaux (…). Tous les visages étaient
pâles et décharnés, la peau tendue et enflée, la voix grêle, semblable au cri plaintif des oiseaux expirants.
Source : Raoul Glaber, Chroniques, XIe siècle
Question 1 — Définition
Qu’appelle-t-on une famine ?
Une famine, c’est quand il n’y a pas assez de nourriture. Quelles en sont les conséquences sur les populations ?
Une famine est une grave pénurie alimentaire (manque de nourriture)
qui touche une population sur une période prolongée, causant la faim,
la malnutrition et souvent de nombreux morts.
Question 2 — Datation
À quelle époque (siècle) a-t-elle eu lieu ?
Regarde la source du document : elle indique le siècle du chroniqueur Raoul Glaber.
Cette famine a eu lieu au XIe siècle (années 1000),
précisément en 1033 en Bourgogne.
Question 3 — Cause
Quelle est la cause de cette mauvaise récolte ?
Relis la première phrase du texte. Quel phénomène météorologique a empêché les cultures ?
La cause de cette mauvaise récolte est les pluies continuelles (intempéries)
qui ont inondé la terre pendant trois ans.
Ces pluies ont empêché de creuser les sillons pour planter les graines (semences) et ont favorisé
la croissance des mauvaises herbes qui ont étouffé les cultures.
Question 4 — Conséquences
Quelles sont les conséquences de cette famine ?
Cherche dans le texte ce que mangent les gens et comment sont décrits leurs visages et leurs corps.
Les conséquences de cette famine :
Famine généralisée : plus rien à manger (récoltes détruites)
Alimentation de survie : les gens mangent les bêtes sauvages, les oiseaux,
puis les racines et les herbes (nourriture inhabituelle)
Malnutrition sévère : visages pâles et décharnés (très maigres),
peau tendue et enflée, voix grêle
Nombreux morts : comparaison avec « les oiseaux expirants » →
beaucoup de gens meurent de faim
Cette famine illustre la fragilité de la vie paysanne au Moyen Âge,
totalement dépendante des récoltes et des conditions météorologiques.
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📄 Document 1 — Le village médiéval
Dans le village, la vie s’organise autour de trois pôles vers lesquels les routes convergent :
l’église, le château, les maisons paysannes. L’église est la demeure de Dieu ;
le cimetière, à ses pieds, et les prières contribuent à réunir les fidèles. Le château protège
les habitations rassemblées autour et les enserre dans un réseau de pouvoirs seigneuriaux, plus ou
moins contraignants. C’est autour de l’église et du château qu’ont été construites les maisons et
que se sont dessinées les parcelles agricoles, qu’il s’agisse de petites propriétés ou de tenures
concédées par le seigneur.
Source : D’après R. Delort, La vie au Moyen Âge, Le Seuil, 1990
📄 Document 2 — Le château
Le château n’est pas uniquement construit pour assurer une défense éventuelle contre un ennemi
permanent ou pour dominer de son haut le plat pays ; il est également conçu pour servir d’habitation
au seigneur, à sa famille, à ses serviteurs, voire ses vassaux et à son entourage. Il comporte
essentiellement une salle et une ou plusieurs chambres. La salle est généralement dans le donjon et,
si possible, de grandes dimensions, car c’est là que siège le seigneur pour rendre justice,
pour recevoir hôtes ; pour traiter ses convives et pour y manger.
Source : D’après R. Delort, La vie au Moyen Âge, Le Seuil, 1990
Question 1 — Organisation du village
Quels sont les 3 pôles qui forment un village au Moyen Âge ?
Relis la première phrase du Document 1. Les 3 pôles sont clairement listés.
Les 3 pôles qui forment un village au Moyen Âge sont :
L’église : centre religieux, lieu de prière et de rassemblement des fidèles
Le château : résidence du seigneur, symbole de son pouvoir et de sa protection
Les maisons paysannes : habitations des vilains (paysans)
qui cultivent les terres
C’est autour de ces 3 pôles que s’organisent toutes les routes et parcelles agricoles du village.
Question 2 — Fonctions du château
Quelles sont les fonctions du château ?
Relis les deux documents. Document 1 : que fait le château pour le village ?
Document 2 : à quoi sert-il pour le seigneur et que fait-il dans la salle ?
Les fonctions du château :
Fonction militaire / défensive : protéger les habitants contre les ennemis
(« assurer une défense », « dominer le plat pays »)
Fonction résidentielle : servir d’habitation au seigneur, à sa famille,
ses serviteurs et ses vassaux
Fonction judiciaire : le seigneur y rend la justice
dans la grande salle du donjon
Fonction sociale : recevoir les hôtes, organiser des banquets,
traiter les convives
Fonction administrative : centre du pouvoir seigneurial sur le village
(« réseau de pouvoirs seigneuriaux »)
Question 3 — Droits du seigneur
D’après les documents 1 et 2, quels sont les droits du seigneur ?
Document 1 parle des « pouvoirs seigneuriaux » et des « tenures concédées ».
Document 2 parle de « rendre justice ». Que possède et que fait le seigneur ?
Les droits du seigneur (le ban seigneurial) :
Droit de justice : il rend la justice sur sa seigneurie
(Document 2 : « c’est là que siège le seigneur pour rendre justice »)
Droit de protection : il protège les habitants en échange de leur obéissance
(Document 1 : « le château protège les habitations »)
Droit de propriété : il possède les terres et concède des tenures aux paysans
(Document 1 : « tenures concédées par le seigneur »)
Pouvoir contraignant : il exerce des « pouvoirs seigneuriaux »
(taxes, corvées, banalités)
Ces droits font partie du ban : le pouvoir de commander,
de punir et de lever des impôts. Le seigneur s’est emparé du pouvoir qui appartenait autrefois
aux Francs-Carolingiens.
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📄 Document — L’adoubement d’un chevalier
« Le seigneur se baisse et lui chausse l’éperon droit, comme la coutume le voulait de qui adoubait
un chevalier. Les écuyers¹ sont nombreux tout autour : chacun se presse pour l’armer. Le seigneur prend
l’épée, la lui cint² et lui donne l’accolade³. « En vous remettant l’épée, lui dit-il, je vous confère
l’ordre de la chevalerie qui n’admet aucune bassesse. Beau-frère, souvenez-vous qu’au combat, si votre
adversaire vaincu demande grâce, vous devez l’écouter et ne pas le tuer délibérément. S’il vous arrive
de trouver dans la détresse, dame ou demoiselle, secourez-là si vous pouvez le faire. Vous ferez bien.
Enfin, recommandation très importante : ne manquez pas de vous rendre à l’Église pour prier Dieu, qu’il
ait pitié de votre âme et qu’il vous garde comme un fidèle chrétien. » Le seigneur alors fait sur lui
le signe de croix. »
Définitions :
1. Écuyers : jeune noble, pas encore chevalier
2. Lui cint : lui accroche à la taille
3. L’accolade : coup donné avec le plat de l’épée sur l’épaule
Source : Chrétien de Troyes, Perceval, XIIe siècle
Question 1a — Devenir chevalier
Comment s’appelle la cérémonie d’entrée en chevalerie ?
Le nom de la cérémonie est dans le texte : « comme la coutume le voulait de qui [faisait cette action] un chevalier ».
La cérémonie d’entrée en chevalerie s’appelle l’adoubement.
Question 1b — Lieu
Où se déroule cette cérémonie ?
On peut le déduire : qui officie la cérémonie ? Où habite-t-il ?
La cérémonie se déroule au château du seigneur (ou dans sa grande salle).
La cérémonie peut aussi avoir lieu dans une église pour la bénédiction religieuse,
mais ce texte montre la partie qui se passe dans le château.
Question 1c — Présence
En présence de qui se déroule cette cérémonie ?
Relis le début du texte. Qui officie ? Qui est « nombreux tout autour » pour l’armer ?
La cérémonie se déroule en présence de :
Le seigneur (ou un chevalier expérimenté, le parrain) :
c’est lui qui officie la cérémonie
Les écuyers : ils sont « nombreux tout autour » et aident à armer le futur chevalier
Souvent aussi la famille, les vassaux et
les invités (même si le texte ne les mentionne pas explicitement)
Question 2 — Déroulement et équipement
Combien d’étapes compte la cérémonie ? Décris-les en justifiant avec les éléments du texte
qui te permettent de les identifier.
💡 Aide : Le texte utilise des indicateurs de temporalité
qui marquent les différentes étapes (d’abord… ensuite… enfin…).
Cherche aussi les verbes d’action qui décrivent ce que fait le seigneur.
Cherche dans le texte les étapes dans l’ordre :
D’abord, qu’est-ce que le seigneur met aux pieds ?
Ensuite, les écuyers font quoi ?
Puis, le seigneur donne quoi et fait quoi avec ?
Que dit le seigneur ? (discours sur les valeurs)
Enfin, quel geste religieux fait-il ?
La cérémonie de l’adoubement comporte 5 étapes principales :
1. La remise des éperons Citation : « Le seigneur se baisse et lui chausse l’éperon droit »
→ Le seigneur met les éperons (pour monter à cheval) au futur chevalier.
2. L’armement Citation : « Les écuyers sont nombreux tout autour : chacun se presse pour l’armer »
→ Les écuyers équipent le chevalier de son armure complète
(haubert, heaume, lance, écu…).
3. La remise de l’épée Citation : « Le seigneur prend l’épée, la lui cint »
→ Le seigneur accroche l’épée à la taille du nouveau chevalier.
4. L’accolade (la colée) Citation : « et lui donne l’accolade »
→ Le seigneur donne un coup avec le plat de l’épée sur l’épaule (ou la nuque).
5. Le serment et les recommandations Citation : « En vous remettant l’épée, lui dit-il, je vous confère l’ordre de la chevalerie […]
ne manquez pas de vous rendre à l’Église pour prier Dieu »
→ Le seigneur énonce les valeurs de la chevalerie : courage, loyauté,
protection des faibles, foi chrétienne. Il fait ensuite le signe de croix.
Ces étapes font du jeune écuyer un chevalier, membre de l’ordre de la chevalerie,
avec des devoirs religieux et guerriers.